Les modalités d’exercice du droit de préemption des communes lors de la cession d’un fonds de commerce
Décret n° 2007-1827 du 26 décembre 2007, JO du 28 Depuis la loi du 2 août 2005 en faveur des PME, les communes disposent d’un nouveau droit de préemption qui leur permet, à l’occasion de la cession d’un fonds de commerce, d’un fonds artisanal ou d’un bail commercial, d’acheter celui-ci à la place de l’acquéreur initial. Cette mesure a vocation à permettre aux communes d’intervenir, si besoin, pour préserver la diversité du commerce de proximité.Pour pouvoir être mis en oeuvre, ce nouveau droit de préemption nécessitait la publication d’un décret d’application. Ce décret vient de paraître ; il n’est toutefois pas suffisant, l’entrée en vigueur du dispositif étant également subordonnée à la publication d’un arrêté interministériel.En pratique, ce droit de préemption ne peut être utilisé que lors de la cession d’un fonds de commerce, d’un fonds artisanal ou d’un bail commercial situé dans un périmètre dit « de sauvegarde » préalablement délimité par la commune. · Déclaration préalable : avant toute cession, le vendeur doit impérativement adresser à la commune une déclaration préalable (dont le modèle sera fixé par l’arrêté à paraître) mentionnant le prix et les conditions de la vente. · Décision de la commune : dans un délai de deux mois, la commune doit alors notifier sa décision au cédant soit d’acquérir le fonds ou le bail aux prix et conditions proposées, soit de renoncer à l’achat (son silence, passé le délai, vaut renonciation). En cas de désaccord sur le prix, la commune peut saisir le juge de l’expropriation pour qu’il le fixe. À noter : si le bien préempté est un bail commercial, une copie de cette notification doit être adressée au bailleur. · Cession : si la commune décide de préempter, l’acte constatant la cession doit être établi dans un délai de 3 mois suivant la notification de l’accord sur le prix et les conditions de la vente. · Rétrocession : une fois la cession intervenue, la commune devient donc titulaire du bail ou propriétaire du fonds. Mais cette situation n’est que temporaire puisqu’elle dispose d’un an à compter de la prise d’effet de la cession pour trouver un repreneur. À noter : pendant ce laps de temps et dans l’attente d’un repreneur, les locaux préemptés ne sont plus soumis au statut des baux commerciaux mais aux règles classiques de la location. Se pose alors la question de l’exploitation du fonds et de sa possible perte de valeur pendant cette période de transition… Afin de trouver un repreneur, la commune doit afficher pendant 15 jours un avis de rétrocession comportant un appel à candidatures, la description du fonds ou du bail, le prix proposé et la possibilité de consulter en mairie le cahier des charges de rétrocession. À savoir : le repreneur doit obligatoirement être immatriculé au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers et doit satisfaire aux exigences du cahier des charges (notamment développer une activité qui s’inscrit dans les objectifs de diversité de l’activité commerciale ou artisanale dans le périmètre concerné). Si la rétrocession porte sur un bail commercial, l’accord préalable du bailleur est nécessaire.
Une fois l’acte de rétrocession conclu, la commune procède à un nouvel affichage pendant 15 jours ; l’avis comprend alors la désignation sommaire du fonds ou du bail, le nom et la qualité du cessionnaire et les conditions financières de la vente.Absence de rétrocession dans le délai d’un an : l’acquéreur évincé bénéficie d’un droit de priorité d’acquisition, s’il est toujours intéressé…